FARGO YR 1

Fargo s01e07 « Who shaves the barber? »

(FX) saison 1 en dix épisodes –
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L’épisode précédent avait laissé du monde au tapis. Il était donc prévisible d’assister à un reflux après ce tournant tragique de la saison !
“Who shaves the barber?” est un septième volet de Fargo pour le moins déroutant. Il s’ouvre en fanfare avant de nous désarçonner, une fois de plus. Je vous propose d’entre dans le vif du sujet juste après l’avertissement de rigueur.

Ce récapitulatif détaille l’épisode 7 dans les grandes largeurs ! Ne lisez surtout pas la suite si vous souhaitez en éviter les révélations.


L’épisode s’ouvre sur un Gus effondré au centre d’une salle d’attente d’hôpital ! Pour la première fois, Fargo ne s’ouvre pas sur un décor mais s’intéresse directement à l’un des membres du quatuor principal. Et puis surtout, alors que le plan s’élargit, on comprend que la séquence se dévoile à l’envers, symbolisant ainsi un Gus souhaitant ardemment remonter le cours des événements qui l’on conduit à tirer sur Molly.
On espère alors apprendre ce qu’il est advenu de sa partenaire. Mais la série s’offre ici un peu de suspense pour s’intéresser d’abord à la famile de Chaz.

Et l’on oublie vite notre frustration car l’engrenage qui s’apprête à avaler le pauvre Chaz tourne à vive allure.
Dans l’épisode précédent, on avait pas forcément compris toute la portée du geste de Lester, dissimulant un revolver dans le sac à dos de son neveu. Son intérêt était pourtant primordial. L’arme à feu surgit inévitablement à l’école de Gordo et la police n’a d’autre choix que de débarquer au domicile de Chaz et Kitty pour trouver les preuves incriminantes, soigneusement disposées par Lester.
Aussi simple qu’efficace, toute la séquence est couplée ensuite avec un interrogatoire du même Lester qui vient enfoncer sin frère auprès de Bill. La pseudo-confession de Lester est un des grands moments d’acteurs de la série. Elle débute par un numéro de Bill (Bob Odenkirk) qui sort de son flegme habituel pour apparaître en Chef de police complètement dépassé par les événements, presque touchant d’incompréhension devant toutes ces horreurs qui le dépasse. Puis c’est au tour de Lester de sortir les trémolos en expliquant que Chaz est le vrai responsables des morts de Pearl et Vern. Martin Freeman est exceptionnel durant ce plaidoyer tout en subtilité entre l’émotion feinte et l’hésitation du suspect presque surpris par l’efficacité de son mensonge. Lester ne termine aucune phrase, lui permettant dans doute ainsi de s’exonérer d’une partie du poids de ses responsabilités, laissant ainsi à Bill tout le loisir de les compléter, de les confirmer. Lors d’un éclair de diction parfaite au milieu de cette succession d’amorces de phrases, il se permet même de détourner l’invective de sa femme qui lui était destinée comme étant prononcée à l’encontre de Chaz : « You’re not half the man your brother is. »

Lester est donc libre. Il sort de l’interrogatoire la tête haute et parade presque devant un Chaz emprisonné et hystérique.
Il y a ensuite cette scène délicieusement burlesque où il rentre chez lui et décide d’appeler une entreprise de nettoyage pour récurer son parquet ensanglanté. L’employé qui lui répond commence par lui tenir la jambe avant de raccrocher brutalement lorsque Lester évoque la quantité de sang. Cette dose d’humour noir fait un bien fou et l’on s’aperçoit que cela manquait depuis environ deux épisodes.
Un peu plus tard, Lester retourne travailler et il se dévoue avec empressement pour rendre visite à Gina Hess. Le mari de cette dernière n’avait pas payé ses dernières traites d’assurances et elle ne peut donc pas bénéficier du dédommagement financier qu’elle espérait. Sauf que Lester ne lui présente pas les choses ainsi, il lui fait même croire qu’il peut inverser la tendance si Gina se montre coopérative. La suite se déroule dans la chambre à coucher et Lester y trouve une certain revanche vis à vis de Sam Hess, alors qu’un portrait avec sa femme se décroche du mur sous les coups de boutoir d’un Lester décidément bien décomplexé !

Ce dernier passage est accompagné par la très belle voix de Betty Roché :


Un phoenix nommé Molly
Molly se réveille dans une chambre d’hôpital et découvre Greta et Gus. Au préalable, on avait revu les derniers instants avant sa blessure mais de son point de vue cette fois-ci. Elle avait alors croisé très brièvement le regard de Lorne, pour la première fois, avant d’abattre Veste à franges et d’être elle-même neutralisée par Gus.
Ce dernier est consterné mais il lui avoue tout de suite être l’auteur de sa blessure, qui a nécessité l’ablation de la rate tout de même. Molly démontre, là encore, qu’elle est une vraie sainte et n’accable pas le pauvre Gus.
Le jeu des symétries de personnage frappe de nouveau avec force ici. Lorne et Molly apparaissent de manière évidente comme étant en opposition, et la dualité entre Lester et Gus tend à rejoindre la même amplitude. Après l’interrogatoire de Bill où Lester détourne la réalité, Gus fait, quand à lui, le choix de l’honnêteté.

Molly rend ensuite une petite visite à Veste à franges qui se trouve en soins intensifs. Visiblement secoué par la perte de son partenaire de Barbu, le sourd ne sera pas très bavard mais Molly a les iddées claires malgré sa convalescence.
Elle dessine toutes les relations de l’affaire à même la vitre de sa chambre pour en conclure que Lester est au centre de tout ! Son père vient ensuite la ramener à la maison mais elle n’oublie pas d’avoir un mot réconfortant pour Gus : “You keep your chin up, Gus Grimly. We’re winning this thing.
Sauf que le retour sur terre à Bemidji est cruel ! Elle apprend en effet au commissariat que ce n’est pas le bon Nygaard qui se trouve derrière les verrous. L’épisode se termine sur elle, alors qu’on la sent bien trop faible pour encaisser ces émotions. Allison Tolman nous subjugue à nouveau grâce à ces derniers instants dramatiques.

Avant cela, il avait tout de même été question de Lorne. Le bougre est soupçonneux et rend visite à son commanditaire, l’homme aux téléphones planqué à Reno au Nevada et qui, nous l’aprenons, pratique l’aquagym avec entrain, si, si ! Lorne est persuadé que c’est lui qui l’a balancé à la mafia de Fargo. L’homme aux téléphones se défend très moyennement et lorsque Lorne quitte les lieux, un cri de femme laisse à penser que nous ne le reverrons plus.

La suite est encore plus absurde ! On retrouve les mafieux de Fargo alors qu’ils sortent d’un restaurant chinois — sans doute le même que dans l’épisode précédent — et l’on découvre qu’ils font l’objet d’une surveillance du FBI par l’intermédiaire de deux agents en planque dans leur voiture garée en face.
Le duo est toutefois plus absorbé par une discussion sur les sandwichs, tellement absorbé qu’il ne voit même pas un Lorne qui traverse juste devant eux avec un énorme fusil automatique. S’en suit une séquence un peu grotesque durant laquelle on devine grâce aux bruitages que Lorne fait un carnage dans l’immeuble de bureaux aux vitres mirroir occupés par les mafieux.
Les deux agents du FBI s’aperçoivent tout de même qu’il se passe quelque chose lorsque le gangster à l’accent australien est défenestré ! Pas clairs, les deux fédéraux ne semblent pas se réjouir de ce dénouement et étalent toute leur négligence en n’accordant aucune attention à la fuite de Lorne…

Au delà de l’invincibilité de Lorne que révèle ce passage, on peut s’interroger sur le choix de ne pas montrer le carnage. On imagine que des contraintes de budget aient pu imposer une telle mise en scène mais je ne peux m’empêcher de penser que l’on passe à côté de quelque chose qui aurait pu être soit aussi beau et esthétique que la fin de Don, soit loufoque et drôle.
Bref je n’adhère pas et j’espère que le final nous fera oublier ce passage.

Mais Je vais en terminer sur une note positive ! Je tenais à signaler un travail sur le son qui prend beaucoup de signification dans cet épisode. L’ouverture de l’épisode avec Gus est sonorisé par la discussion de la famille de Chaz qui se prolonge à l’image ensuite. Les deux situations n’ont rien à voir directement et pourtant, leur association permet de créer l’idée d’un engrenage. Et d’engrenage il est question aussi durant deux autres passages sensibles de l’épisode. On retrouve en effet une pulsation similaire durant l’intervention policière chez Chaz quand ce dernier comprend qu’il a été piégé par son frère et lorsque Lester besogne énergiquement la veuve Hess.
J’ai lu quelque part — je vais essayer de retrouver le lien… — une théorie qui voulait que ce battement soit celui de la machine à laver agonisante, lorsqu’elle fonctionnait au début de la série. Je trouve que c’est une idée aussi subtile qu’intéressante. Le concept de l’engrenage s’adapte parfaitement au principe des événement en cascade de la série.

Inutile de vous rappeler qu’il nous reste seulement trois épisodes pour arriver au dénouement de cette saison de Fargo. A suivre…

Quelques Théories :

  • Le plan diabolique de Lester a parfaitement fonctionné. On peut tout de même s’étonner de sa soudaine poussée de confiance ! Après son interrogatoire, il retourne au travail avec une assurance invraisemblable. Il faut dire qu’il doit être soulagé de savoir que Molly n’est plus dans les parages. Molly est pourtant de retour et je la vois bien faire fondre notre Lester comme neige au soleil.
  • Sauf que ce sera peut être Lorne qui lui mettra la main dessus en premier. Dans sa quête de vengeance, il ne devrait pas lui falloir longtemps pour comprendre que c’est Lester qui a placé Barbu et Veste à frange sur ses talons. J’entrevois de cas de figure : soit Lorne neutralise Lester, soit il l’adoube ! Après tout, Lester est un peu sa créature et il serait logique qu’il reprenne en main son apprenti.
  • Avant ses démêlés avec l’organisation mafieuse de Fargo, Lorne avait Gus dans le viseur. J’imagine bien Lorne aprendre le nouveau statut de Lester par l’entremise involontaire du pauvre Gus justement.
  • Chaz semble complètement cuit. Mais il y a un petit détail suceptible de le sauver et il s’agit de son propre fils. Rappelez-vous, Gordo avait vu Lester lorsque ce dernier était venu piéger son frère. Je ne serai pas surpris que Molly parvienne à découvrir tout cela.

Théories sans issues :

  • Fargo surprend à chaque épisode. Ma rubrique des théories futures recèle désormais de voies sans issues. Cette contre-rubrique se propose donc de faire le bilan de tout cela !
  • La semaine passée, j’imaginais que Stavros retrouverait la raison. Il s’avère qu’il est complètement absent de l’épisode. J’espère que cette intrigue reviendra sous une quelconque forme et surtout que la série ne se terminera pas sur le grattoir sans qu’il en soit question pendant trois épisdodes.
  • L’organisation qui guidait Lorne depuis Reno semble durablement décapitée. Je crois que je ne l’avais pas exprimée ici mais j’avais imaginé que l’homme au téléphone puisse être un éventuel fil conducteur pour la saison suivante.
  • Molly est sur pied même si elle n’est pas encore totalement dans sa forme optimale.  J’étais très confiant sur sa survie — Allison Tolman est fantastique —, même si la tête de Gus en ouverture d’épisode jetait un beau doute. Pourtant sa survie est presque surnaturelle. Gus n’est sans doute pas un très bon tireur mais tout de même. Enfin bon, Fargo possède un autre personnage bien plus chanceux sous la mitraille…

Autres observations :

  • Scott Winant succède à Colin Bucksey derrière la caméra. Winant est lui aussi un metteur en scène ayant travaillé sur Breaking Bad (ils sont donc 3 sur 4 à avoir bossé sur BB). C’est aussi un producteur expérimenté qui a notamment bossé sur Angela 15 ans ou Californication.
  • La scène où Molly rend visite à Veste à franges est très calquée sur une scène du film des frères Coen. Frances McDomand s’adresse à Peter Stormare et une ou deux phrases sont reprises mot pour mot ici.
  • Le titre de l’épisode : “Qui rase le barbier” est un paradoxe assez populaire. Il paraît assez évident que les auteurs ont également pensé à The Man Who Wasn’t There, le film des Coen dans lequel Billy Bob Thornton est justement un barbier !
  • La tempête de poissons fatale dans l’épisode précédent est évoqué via le journal télévisé du matin que l’on découvre avec Kitty et Chaz. Puisqu’on vous dit que c’était la tempête du siècle !
  • Lou — le père de Molly — est fan des Golden Gophers. Il s’agit de l’équipe universitaire locale (University of Minnesota, Minneapolis).
  • Les deux agents du FBI qui se nomment Bill Budge et Webb Pepper ne sont autres que Keegan-Michael Key et Jordan Peele, un duo comique à succès.

Autres épisodes, autres récaps :
s01e01: The Crocodile Dilemma
s01e02: The Rooster Prince
s01e03: A Muddy Road
s01e04: Eating the Blame
s01e05: The Six Ungraspables
s01e06: Buridan’s Ass
s01e08: The Heap
s01e09: A Fox, A Rabbit and a Cabbage
s01e10: Morton’s Fork

Visuels : Fargo / FX
Musique : Betty Roché “trouble trouble”

9 réflexions sur “Fargo s01e07 « Who shaves the barber? »

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