[Rétro. 2014] Broad City

(Comedy Central) Saison 1 en dix épisodes et saison 2 dès le 14 janvier
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Quelle meilleure entrée en matière ?! Broad City s’est imposée tout naturellement pour lancer ma traditionnelle rétrospective et puis ce retour sur une saison diffusée il y a presque un an s’inscrit aussi dans l’actualité puisque le duo sera de retour à la mi-janvier sur Comedy Central.
Broad City, c’est une authentique success story, l’histoire d’une websérie qui devint une authentique comédie aussi sérieuse sur la forme qu’elle est foutraque dans son contenu. Voilà deux comédiennes à la complicité si contagieuse qu’elle invite sans effort aux aventures burlesques les plus tirées par les cheveux !

Avant d’aller plus loin, sachez que j’ai eu l’occasion de consacrer un billet de ma chronique musicale à Broad City dans lequel je m’attarde notamment sur l’ouverture très clipesque du neuvième épisode. Passez donc y faire un tour si la série vous plaît !

Abbi & Ilana. Les deux inséparables newyorkaises sont un peu perdues dans une vie citadine qui ne leur fait pas de cadeaux. Elles ont chacune un travail déplaisant – Abbi peut être un peu plus qu’Ilana – mais ne se laissent pas abattre pour autant. Abbi doute et Ilana est pleine de culot. Abbi fantasme sur son voisin et Ilana délaisse son dentiste pourtant attentionné. Même si aucune des deux ne prétendra être “une voix de sa génération”, elles auront ces instants de clairvoyance accrue comme lorsqu’Abbi s’écrie en fin de saison : “I’m the king of the world” en soulevant son amie à bout de bras !

(Le trailer qui suit introduit la saison 2 mais vous pouvez le voir sans crainte si vous ne connaissez pas encore la série).


Concentré de vie. Un auteur que j’affectionne (le regretté Dustan) souligne avec justesse combien il est rare de surprendre un personnage de fiction occupé à soulager un besoin naturel alors qu’il y aurait là une vérité qu’il ne faudrait pas occulter. Le duo de Broad City n’a pas de scrupules dans ces instants là. Cette crudité qui pourrait si facilement basculer vers le vulgaire s’avère pourtant touchante et renforce la proximité de Broad City avec la réalité d’une vie sans chichis.
Et pour appuyer ce propos, humoristique certes, mais concret avant tout, la série s’empare de son décor avec de nombreux extérieurs dans les rues de New York, lesquelles faisant souvent office de troisième comique. S’agissant de Street Credibility, on appréciera aussi l’effort fait pour ne pas tenter de s’emparer d’une hype quelconque. Les filles affichent leur préférences (Oprah et Nicki Minaj, ça envoie du lourd) et trouvent la bonne distance entre dérision et dévotion authentique.

Le spectre de Lena Dunham. Et justement, elles ont fort à faire pour s’émanciper d’une comparaison flottant invariablement telle une épée de Damoclès sur tous ces projets ayant pour ambition de dépeindre avec un tant soit peu d’acuité cette fameuse génération des « millenials », je veux bien sûr parler de Girls et de son auteure et interprète principale, Lena Dunham.
En plus de sa situation géographique, Broad City partage la même proposition centrale qui consiste à décrire la vie de jeunes femmes issues de milieux relativement modestes à l’heure de leurs premiers pas dans une vie active parsemée d’embûches.
Les aspirations se distinguent pourtant rapidement. Girls vise un propos psychologique et s’offre d’éventuelles saillies comiques pour mieux revenir vers une teneur majoritairement dramatique.

Avec 33 épisodes, Broad City la websérie initiée en 2009 parvient à séduire les décisionnaires de Comedy Central – après avoir échoué chez FX – et le duo doit beaucoup en cela à sa (désormais) productrice exécutive, Amy Poehler (SNL, Parks & Recreation). l’étape web (toujours visible sur Youtube) démontre combien le duo est resté fidèle à l’esprit original, la saison 1 diffusée sur CC constituant un prolongement parfait.
Il en ressort un double portrait dont le naturel contraste fortement avec les poses affectées des Girls d’HBO. Au delà d’une direction comique débridée, Broad City impressionne par le talent de ces deux actrices qui continuent parallèlement de pratiquer la scène.

broad-city-season-1-dvd-cover-90Du reste si Ilana et Abbi inclinaient leur série vers le dramedy, je suis certain qu’elle ferait des miracles. En attendant, leur production constituait, selon moi, une compilation des plus belles barres de rire de l’année écoulée. Vivement le 14 janvier !

-> Pour aller plus loin, je vous recommande un portrait très complet des deux artistes publié via le New Yorker !

Visuels & Vidéo : Broad City / Comedy Central

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