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Daredevil, coincé entre le bien et le mal

(Netflix) saison 1 en 13 épisodes et saison 2 prévue
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Les super-héros et autres justiciers en costumes continuent de se démultiplier sur le petit écran. A titre d’exemples, la rentrée prochaine sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir Supergirl (CBS) et Legends of Tomorrow (The CW). Ces deux titres sont issus de comics estampillés DC mais Marvel n’est pas en reste.
Dans sa boulimie de commandes tous azimuts, Netflix ne s’est pas fait attendre pour en mettre plein la vue sur ce registre. Voici donc Daredevil qui sera suivi de Jessica Jones, Luke Cage puis Iron Fist. Une fois le quatuor introduit, ils seront réuni dans une série qui se nommera The Defenders, à la manière des Avengers.
Daredevil est enfin l’occasion d’observer une adaptation un peu plus sombre – pour ne pas dire moins bisounours – d’un personnage de la Marvel. Cette noble direction n’est toutefois pas exempt de désagréments.

Matt murdock perd la vue dans sa jeunesse après avoir été en contact avec des produits chimiques lors d’un accident de la route. Ce qui aurait dû l’handicaper s’avère finalement développer considérablement ses autre sens.
Une fois adulte, Murdock partage sa vie entre un modeste cabinet d’avocat qu’il vient d’ouvrir avec son meilleur ami et une activité désordonnée de justicier nocturne…

La gestation de Daredevil ne fût pas un long fleuve tranquille. Au départ, le duo Marvel/Netflix confie le bébé à Drew Goddard. Ce dernier possède des références sérielles prestigieuses telles que Buffy, Angel, Alias ou bien encore Lost. Mais depuis cette fameuse série insulaire, Goddard s’est attaché à crever un autre écran, celui du cinéma et avec un certain succès de surcroît (Cloverfield, Cabin in the Woods, World War Z). Il est donc logiquement soufflé au nez et à la barbe de Netflix afin d’écrire le script d’un autre projet de film, Sinister Six (univers Spiderman) pour le compte de Sony et Marvel. Cette subtilisation de cerveau a justement été mise au jour par les fuites de Sony. Elles divulguent notamment un certain appétit financier du scénariste qui cherche alors à s’assurer des cachets relatifs au saisons futures…

Tout cela fait néanmoins un heureux : Steven DeKnight ! Celui qui avait collaboré avec Goddard sur Buffy et Angel est justement fraîchement libéré de son contrat avec Starz (Spartacus). Il devient Showrunner de Daredevil à la place de Goddard qui l’aura sûrement bien pistonné dans l’affaire. Seulement voilà, Lorsque DeKnight prend les rennes, seuls trois épisodes sont écrits et le tournage débute onze semaine plus tard ! Delà à affirmer que cette saison a été bâclée, il y a sans doute un pas de trop que je ne franchirais pas.

Car Steven Deknight est un cador expérimenté. Daredevil est une adaptation gorgée d’action simple et directe, au plus près de la réalité d’un personnage privé de pouvoirs super-naturels. On savait DeKnight à la hauteur de la tâche après avoir lâché les fauves et leur férocité dans les combats de Spartacus. Il convoque ici d’autres influences (Old Boy, The Raid) pour un résultat, là encore, spectaculaire bien que trop souvent dissimulé dans une pénombre, que les mauvaises langues qualifieront d’opportune.
En toute objectivité – et pour bien fixer une échelle de valeurs – les prouesses du Murdock masqué supplantent assez largement le pourtant bien taillé Oliver Queen d’Arrow (The CW) mais n’arrivent pas à la cheville d’un certain Lucas Hood dans Banshee (Cinemax). A noter également, que sous la seule bannière Netflix, la très décriée Marco Polo fait également mieux avec des engagements somptueux réglés dans la plus pure tradition asiatique.

Mais Daredevil, ce n’est pas uniquement du pugilat. C’est aussi la représentation d’un microcosme : Hell’s Kitchen ! Ce quartier de Manhattan qui a vu grandir Sylvester Stallone et Alicia Keys – m’apprends Wikipedia – est ici un théâtre qui a son importance. C’est un lieu qui cristallise les ambitions qu’elles soient bien ou mal intentionnées. Il constitue la fondation des intentions de chaque personnage de ce récit. Matt Murdock s’investit auprès de cette communauté pour l’aider tout comme Wilson Fisk souhaite la remodeler. Deux visions opposées et remarquables pour un sentiment d’appartenance rigoureusement identique.

Toutefois, alors que j’évoque Fisk et cette pègre impliquée, il faut souligner le double ressenti contradictoire qui gouverne Daredevil. Dans notre souhait de voir un justicier – et ses ennemis par rapprochement – aux préoccupations plus sombre et, en somme, terre à terre, on obtient mécaniquement un récit, lui aussi, plus banal. Une opposition entre mafieux et vertueux assez convenue qui ne surprend jamais, tout au long de la saison.

Daredevil parvient malgré tout à maintenir l’intérêt et cela grâce à une distribution adroite. Dans le rôle principal, Charlie Cox (Murdock) livre une performance efficace. Aussi à l’aise dans l’engagement physique que dans le registre dramatique, il survole cette saison les yeux fermés. Face à lui, Vincent D’Onofrio (Fisk) est plus que convaincant en parrain boursouflé de rage et d’ambition. Par séquences, il porte seul la série sur ses épaules.
Et puis, on trouve également de bons seconds dont Scott Glenn (Stick) en professeur caractériel, Rosario Dawson (Claire) en infirmière pas si éplorée et l’excellent Vondie Curtis-Hall (Ben Urich) en journaliste entêté.

A défaut d’être une série endiablée, Daredevil est efficace et replace bien les Arrow et autre The Flash dans leur contexte puéril. Avec l’arrivée de ses futurs compères défenseurs, Daredevil s’annonce comme le début d’une longue histoire. Pour autant, n’espérez pas trop de visibilité quand la suite des aventures du justicier d’Hell’s Kitchen. Steven DeKnight est en effet déjà débarqué pour la saison 2….

Visuels & Vidéo : ABC Studios / DeKnight Prod. / Godard Textiles / Marvel / Walt Disney

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