Odysseus s01e11&12 « Télémaque affronte Ulysse »

(Arte) minisérie en 12 épisodes et dispo en dvd
Odysseus s01e12

C’est la semaine dernière que s’achevait la diffusion d’Odysseus sur Arte ! Dans une première critique que j’émettais sur ce blog (après avoir vu deux épisodes), mon avis était partagé entre la conviction qu’il faut soutenir la chaîne pour cette tentative originale, loin des genres ultra-balisés de la fiction française habituelle, et une déception manifeste devant un certain nombre de faiblesses non négligeables.
Malheureusement, mon avis n’a pas évolué sur ce second point au fil des douze épisodes. Je vais tenter de définir mes impressions et vous me pardonnerez une certaine subjectivité (assumée !) car je tiens, encore une fois, à encourager les équipes qui ont travaillé sur ce projet ainsi que les décisionnaires, tant je suis persuadé que c’est la bonne voie !

Plusieurs années après la guerre de Troie, Ulysse n’est toujours pas revenu chez lui à Ithaque. Sa femme et reine, Pénélope, croit toujours à son retour et materne son fils, Télémaque. L’armée d’Ulysse, désœuvrée, compte plusieurs fortes têtes qui se montrent de plus en plus insistants pour qu’elle choisisse l’un d’entre eux afin de monter sur le trône à ses côtés. Pénélope doit-elle céder ? Ulysse va-t’il revenir ? et comment Télémaque va réagir ? Parviendra-t’il à s’émanciper ?

La série soulèvent de nombreuses questions et je trouve que le récit de cette tragédie s’avère maîtrisé ! Beaucoup reproche à la série son introduction qu’ils jugent ratée, faisant référence notamment à une arrivée trop tardive d’Ulysse. J’avais moi-même eu des doutes mais pour avoir revu le pilote, j’y trouve pourtant les ingrédients nécessaire à l’amorce de l’histoire et cet absence sert aussi son arrivée.
Globalement, il y a une vraie qualité de dialogues. Sans tournures ampoulées, Frédéric Azémar (créateur de la série) et une poignée d’autres scénaristes auront su trouver un ton contemporain dans un cadre mythologique. Le résultat constitue, à mes yeux, le point fort de la série.

Pour soutenir ce texte, les comédiens s’en sortent par contre avec plus ou moins de réussite. Avec un casting international, on pouvait s’attendre à quelques approximations. Alessio Boni, dans le rôle d’Ulysse, est intégralement doublé par exemple. Malgré tout, les différences d’accents s’absorbent très vite.
La difficulté qui s’empare d’une large partie du casting s’observe plus sur la justesse tout simplement. Caterina Murino (Pénélope) et Niels Schneider (Télémaque – en photo ci-dessus) sont de très bons acteurs, ils se livrent intensément dans leurs personnages mais de trop nombreuses répliques sonnent faux. Le constat est d’autant plus amère qu’il touche à peu près tout le monde. Certains comme Carlo Brandt (Laërte) ou Joseph Malerba (Mentor) s’en sortent et d’autres se loupent complètement comme Salim Kechiouche (Orion) et surtout Bruno Todeschini (Léocrite).
Je ne pense pas que l’on puisse pointer des failles de casting. Toutes les actrices et acteurs semblent avoir la présence et le talent nécessaire. J’ai plutôt le sentiment qu’il faille pointer la direction d’acteur qui n’était manifestement pas au niveau escompté.

La réalisation justement aura été confiée au seul Stéphane Giusti. On peut légitimement s’interroger sur ce choix de ne pas impliquer d’autres metteurs en scène. On peut également pointer le budget modeste qui fait pâle figure avec les séries costumées et internationales du moment (citons The White Queen pour la BBC et Starz tournée en Belgique pour près de 30 millions d’euros contre les 14 du tournage au Portugal d’Odysseus).
Je trouve toutefois que les décors ont été parfaitement exploités. La simplicité des intérieurs n’aura pas desservi le propos et les lieux sauvages de bord de mer n’étaient pas sans charme. Enfin, si les combats n’étaient pas ridicules, il faut signaler une mise en scène dans l’ensemble un peu statique (pour ne pas dire trop théâtral).

Peut-on donc résumer cet échec relatif par une problématique de budget ? Je ne crois pas et comme j’y faisais référence dans mon premier texte, Odysseus avait initialement été prévue sur six épisodes. Ce format plus ramassé aurait-il mieux convenu avec les contraintes que l’on sait ? Je ne suis pas loin de penser que oui !

Odysseus (Arte) affiche posterAvec des si, on peut dire et faire dire ce que l’on veut. Il n’en reste pas moins qu’Odysseus est une série originale, riche en rebondissements et j’espère qu’elle fera date pour convaincre, malgré ses défauts, que la fiction française doit insister dans des direction autres que le genre policier, pour ne pas le citer.

Visuels : Odysseus / Arte

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