Low Winter Sun s01e04 « catacombs »

(AMC) 4 épisodes déjà diffusés sur 10
Low Winter Sun s01e04

Imaginez-vous dans la tête des responsable de la programmation d’AMC ! Une de leurs deux grandes têtes d’affiches, une certaine Breaking Bad (l’autre étant Mad Men…) s’apprête à fermer boutique. Les huit ultimes épisodes vont être diffusés à cheval sur la fin de l’été et la rentrée. L’attente étant à son comble, les audiences vont flamber (et elles ont effectivement flambées, faisant presque le double du précédent record de la série pour la reprise). Il faut donc profiter de l’aubaine pour lancer une nouveauté et accesoirement la rapprocher de son illustre ainée. Ça tombe bien, avec Low Winter Sun, on a justement un nouveau anti-héros à proposer ! Alors, allons-y franco et bombardons là de l’étiquette de nouveau Breaking Bad
J’exagère un peu mais regardez plutôt les deux affiches ci-dessous :
posters_amc

Ce qui semblait une très bonne idée sur le papier s’avère à double tranchant ! Low Winter Sun supporte difficilement la comparaison avec les aventures de Walter White et bien qu’elle semble pouvoir concerner le même public, elle déploie un style bien plus noir et désarçonnant ! Après un départ honorable, les audiences ont nettement chuté, plaçant déjà la série dans une position aussi incofortable que son héros.

Vous vous demandez peut être de quoi il est question dans Low Winter Sun ? Dans ce cas, je vous recommande chaudement d’allez voir la présentation que j’avais écrite il y a quelques semaines, qui se trouve agrémentée de bandes annonces.

Après avoir vu le pilote, je ne savais pas trop quoi en penser ! Il est visuellement magnifique, on comprend pourquoi ce récit bénéficie aujourd’hui d’un remake mais l’émotion ne s’installe pas. De retour de vacances, j’avais un peu de retard et j’ai donc vite évacué cette interrogation en visionnant l’épisode suivant.

Mais commençons par le point fort qui se trouve en l’occurence être le décor ! Je ne vais pas vous imposer ici un historique de la ville de Detroit. « The Motor City » est aujourd’hui une ville industrielle en ruine. Ce passé comprend également un fort héritage culturel dont le fameux label Motown (Diana Ross est notamment née à Detroit).
Tout cela constitue un formidable lieu pour une série et on se demande pourquoi sa voisine, Chicago, ne partage pas un peu plus !
Sous la patte d’Ernest Dickerson (qui signe les deux premiers épisodes), Detroit est flamboyante de désolation. Le pilote, surtout, se distingue par une lumière inspirée, notamment lors des scènes diurnes. Il m’a laissé une telle impression que j’envisage déjà de le revoir pour un deuxième examen.

L’acteur anglais Mark Strong a la chance de faire ce que très peu d’acteur auront la chance de connaître dans leur carrière à l’écran. Reprendre un rôle et tenter d’améliorer sa performance initiale. Alors, bien sûr, il lui faut également abandonner l’accent écossais (l’orignale se situait à Édimbourg) qu’il utilisait il y a huit ans pour se rapprocher d’un jargon spécifique à ce nouveau contexte mais on imagine que le challenge devait être excitant.
Je le trouve pourtant un peu hésitant durant les deux premiers épisodes. Son personnage subit de nombreux bouleversements et j’ai eu l’impression que tout cela n’émergait pas avec l’intensité nécessaire dans sa prestation.
Il n’est pas seul dans ce cas puisque son compatriote, Lennie James (Jericho, The Walking Dead), semble patiner également, du moins au début car les épisodes suivants sont plus convaincants et permettent au large casting, dans son ensemble, de prendre une ampleur plus conforme à ce que l’on attendait. C’est d’ailleurs un plaisir d’y retrouver David Costabile (Damages, Suits) en boeuf-carottes très convaincant.

En adaptant cette minisérie anglaise qui durait environ trois heures, Chris Mundy (Criminal Minds) semble avoir allongé toutes les perspectives. A croire qu’il a un plan de scénario à très longue échelle et qu’il en a par conséquent oublié de créer du rebondissement durant les premiers épisodes. Comme le souligne également une bonne partie de la critique, son récit manque cruellement de nuance. Aucune trace d’humour ne filtre pour l’instant.
A côté de ces deux écueils fondamentaux, Mundy semble effectivement avoir fait ses devoirs. La série est manifestement très documentée et colle au microcosme local. Les affaires sordides et les déboires de l’escouade policière sentent le vrai et la réalité du terrain qu’il avait patiemment observée avant d’écrire la série.

Low Winter Sun (AMC) posterMais a-t’il vraiment le temps de déployer patiemment un tel univers ? C’est qu’avec dix épisodes prévus, on se rapproche déjà de la mi-saison et qu’il sera déjà bientôt trop tard pour sortir un tour de sa manche…

Visuels : Low Winter Sun / AMC

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