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Ceux de 14 s01e01 “allons enfants”

(France 3) minisérie en 6 parties diffusées en deux soirées
Les éparges

Vous n’êtes pas sans savoir que 2014 constitue le centenaire des débuts de la première guerre mondiale. Il est évident que le sujet ne passionnera pas tout le monde. Pourtant, il me semble important d’y revenir et notamment car elle souffre d’un déficit d’image vis à vis de sa petite soeur, qui naîtra en 39. Il faut dire qu’elle est moins “glamour”. Des soldats à pieds, pas de tanks et peu d’avions. Des tranchées absurdes et si statiques pour notre époque qui ne tolère que le mouvement. Enfin, pas d’Hitler et son aura maléfique presque surréelle.
France 3 diffusait donc hier soir la première moitié – trois épisodes d’un coup qui démontre toujours un certain manque d’entrain… – de Ceux de 14, une minisérie en six parties consacrée aux fameux poilus. Indiscutablement, elle tient bien son rôle de reconstitution mais son exécution manque cruellement d’ambition.

Maurice Genevoix est un normalien absorbé par la contemplation de jeunes et jolies artistes sur les bords de la Marne lorsqu’il entend les cloches annonçant la mobilisation à venir.
Bombardé sous-lieutenant, il prend en charge le 106ème régiment d’infanterie qui découvre, tout comme lui et avec consternation, les absurdités de la guerre…


Maurice Genevoix est un personnage réel, poète et romancier accompli qui sera notamment distingué d’un goncourt (1925) et entrera à l’Académie française (1946). Ceux de 14 est d’abord un recueil de ses récits en tant qu’officier, l’un des plus importants témoignage littéraire sur le sujet de la grande guerre.
Son point de vue séduit rapidement. Bien qu’intellectuel en devenir, le jeune Genevoix ne se cache pas derrière sa position, préférant dormir avec ses hommes. Il se soucie sincèrement de leur condition et sa naïveté n’empiète pas sur une vraie conscience sociale.
Mais si j’évoque une naïveté, c’est pour qualifier cette joie et une certaine alégresse dans la recherche du combat, supposée s’accompagner du courage devant l’adversité. Les événements se chargeront de le ramener à la raison.

La minisérie est dépouillée de toute idéologie. Elle se concentre sur le destin de ses hommes projetés vers l’affrontement. Je dois dire que c’est assez déconcertant. Il y a, il faut le reconnaître, une certaine simplicité dans ce choix. Mais le féru d’histoire regrettera sûrement le manque de couleurs au récit.

La bonne surprise est à découvrir au niveau du casting. Les acteurs sont très bons et nous projettent parfaitement à une époque pourtant éloignée. Ils font de belles choses avec un texte parfois ampoulé d’un lyrisme d’usage.

Par contre la mise en scène souffre d’un manque de moyens évident. la réalisation d’Olivier Schatzky fait la part belle à quelques beaux plans séquence mais l’ensemble est dépourvu de rythme, de vue d’ensemble ainsi que d’une photographie travaillée. Je sais bien que nous sommes à la guerre mais il y a d’autres méthodes que le terne pour filmer la terre des tranchées.
Il faut être réaliste, nous ne pouvions pas attendre une mise en scène façon Band of Brothers ou The Pacific mais la BBC – tient encore elle – a démontré avec la récente Our World War qu’il était possible de dépasser les canons usés avec un petit peu plus d’ambition.

Je serai sûrement au rendez vous de la deuxième soirée mais je ne pousserai pas la recommandation au delà des aficionados de récit historique. Dommage, l’occasion était belle avec Ceux de 14.

Visuels : Ceux de 14 / France Télévisions

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