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Transparent s01e04 “Moppa” (Récap.)

(Amazon) saison 1 en dix épisodes et saison 2 prévue
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J’ai bien conscience de vous parler de Jill Soloway dans chacune de ces introductions de récap’. A ma décharge, vous reconnaîtrez qu’elle s’arrange comme il faut pour se maintenir dans l’actualité. Le week-end dernier, elle avait justement été conviée à s’exprimer en ouverture du Film Independant Forum dans le cadre d’une keynote – à voir ici sur Youtube – tout à fait limpide et précise sur un parcours que le sériephile aura bu comme du petit lait !
En substance, elle y affirme avoir accouché d’un film – Afternoon Delight, récompensé à Sundance tout de même – dans le but volontaire et anticipé de revenir vers la série. Puisqu’on vous dit que le rapport de force évolue, j’en terminerai avec ces quatre lettres : CQFD.

Mais revenons à Transparent ! L’épisode précédent avait pris un peu de recul en délaissant légèrement Maura. Ce quatrième volet revient au coeur du sujet et s’offre quelques belles situations de réflexions.

Laissez moi d’abord exposer ici l’avertissement traditionnel : ceci est un récapitulatif du quatrième épisode de Transparent. Je dis dans ce texte tout ce qui me passe par la tête le concernant. Il va donc sans dire, même si je vous le dis quand même, qu’il vaut mieux avoir vu l’épisode avant de lire ce qui suit !

“Oh, you finally make sense to me”
L’épisode reprend sans transition là où nous l’avions laissé. Après son coup de fil, Maura se rend chez Ali – dont on apprend ici qu’il s’agit d’un diminutif pour Alexandra – et si la scène du premier regard nous échappe ici, la suite est très drôle. Ali, toujours sous l’emprise de sa prise d’amphét’, accueille Maura avec une chaleur très… tactile et cette dernière comprend sûrement rapidement que sa fille se trouve bien trop haut dans la stratosphère pour pleinement assimiler son coming-out.
Maura est ici assez mélancolique et on la comprend. Attristée par son échec avec Josh, elle espérait sans doute une autre émotion avec sa cadette.

“You don’t want to be alone, do you?”
Après le générique d’ouvertures (voir observations en fin de texte à son sujet), Josh et Syd (Carrie Brownstein) – rappelez vous, la copine dealeuse d’Ali – sont en pleins préliminaires dans le même lit. C’est que notre Josh est désespéré après sa déconvenue avec Kaya. Il a besoin de compagnie et tente même de retenir Syd le lendemain matin, au petit déjeûner.
Il y a quelque chose qui cloche avec Josh. Plus obsédé par la possibilité qu’Ali apprenne ce qu’il vient de faire avec Syd qu’autre chose, il qualifie sa relation avec Rita (alors qu’il n’avait que 15 ans) de “super rad’” ! Syd essaie de lui ouvrir les yeux en inversant les rôles : “et si c’était une jeune adolescente avec un homme, est-ce que ce serait toujours aussi cool ?”
Et d’ailleurs, puisqu’il est question d’inversion des rôles, c’est Syd qui claque la porte, abandonnant Josh à son bol de céréales…

“Your male privilege is leaking all over the place.”
Mais nous sommes très vite de retour avec Maura. Davina prend soin de ses cheveux, afin qu’elle puisse enfin renoncer aux perruques.
Davina corrige ensuite sa posture, assise (pas de jambes écartées) puis debout en marchant.
La séquence est intéressante. Mes suppositions d’hétéro ignorant m’aurait plutôt poussé à croire qu’un trans avait ses gestes féminins bien ancrés. Transparent vient nous expliquer combien tout cela peut constituer un apprentissage. La suite vient justement appuyer cette idée de progression.

Nous sommes en 1994, et Mort se présente à l’accueil d’un hôtel en tant que “Stephen Baker”. Il y rejoint Mark (Bradley Whitford), qu’il avait rencontré dans le flashback de l’épisode précédent chez le marchand de journaux. Ou plutôt devrais-je dire Marcy.
Maura n’est pas encore Maura. Elle se présente comme Daphne Sparkles et c’est Marcy qui lui propose plutôt Maura. Marcy lui fait ici un beau cadeau et l’on ne peut s’empêcher de se demander fébrilement ce qu’il est advenu d’elle dans le présent.

Moppa
Pendant ce temps là, et comme on pouvait s’en douter, Tammy avoue ne pas être aussi pressé que Sarah pour avouer son infidélité ! Tout cela va mal finir mais Tammy ce projette sur autre chose puisqu’Ali veut lui parler de son père.
Avec un gros mal de cheveux – il faut croire que la descente des “Moon Rocks” n’est pas aussi aisée que cela – elle tente de se faire à l’idée que son père se nomme désormais Maura. Contrairement à sa grande soeur, Ali est bien moins à l’aise avec ce coming-out et la conversation qui suit au sujet de Tammy va démontrer un peu plus combien elle n’est pas aussi ouverte d’esprit que ses moeurs avaient pu nous le laisser croire dans un premier temps.

Ali : “What were you doing with her… dirty, nasty things?”
Sarah : “Stop, this is love, okay?”
– “Please.”
– “No, seriously. This is… She, like, made me squirt.”
– “What? You mean female ejaculation?”
– “Yeah.”
– “That is not real.”

Sarah recadre sa soeur comme il faut. Le coming out est un acte important et peut être encore plus pour les Trans ; Ali ne doit rien dire à Josh ainsi qu’à sa mère. Ali est décidément bien loin de la veille où elle avait renommé son père Moppa !

“You always make things so much more complicated than they have to be”
La discussion un peu plus tôt avec Syd l’a sans doute fait gamberger. Josh déboule chez Rita, passablement énervé, en voulant savoir si ces parents étaient au courant pour son aventure avec elle. Elle répond par l’affirmative, précisant même le caractère étrange de ses parents qui auraient alors laissé faire puisqu’ils étaient amoureux.
Alors que Josh trouve le réconfort dans les bras de Rita, ce délicieux morceau de Bill Callahan s’impose comme une évidence :


En partant, Rita signale à Josh qu’elle attend toujours un technicien censé s’occuper de sa climatisation. La scène nous interpelle sur leur relation. Nous savons grâce à quelques aperçus sur leurs échanges épistolaires que Rita et Josh voulaient fonder une famille. Pourtant Josh semblait prêt à s’engager avec Kaya, sans parler de son escapade avec Syd. Tout cela pour dire que Josh ressemble à une belle girouette pour l’instant !

“You poor deprived soul!”
Maura rejoint ses filles pour un brunch au centre commercial. Suivent alors deux scènes presque innocentes et pourtant primordiales.
Elles se laissent d’abord convaincre par un essai de produits au rayon maquillage. Là encore, nous sommes dans le thème de l’apprentissage. Maura est une proie facile pour le jeune vendeur dynamique prêt à lui vendre tout le magasin. Par contre, ses filles ont des réactions différentes face à la naïveté de Maura. Sarah lui explique l’intention derrière cet essai “gratuit” et Ali, d’abord réticente, semble ensuite complètement se calquer sur l’innocence de son père.

Elle va pourtant prendre brutalement conscience des conséquences du choix de Maura. Après avoir bu de grande quantité d’une eau parfumée à la menthe et aux concombres, l’arrêt aux toilettes s’impose. Alors qu’elles attendent leur tour, deux adolescente surprennent Sarah et Ali appelant Maura comme étant leur père. L’esclandre éclate et si Sarah défend le droit de Maura à utiliser les toilettes pour femme, Ali mesure ici avec force toute l’adversité qui s’oppose à son père.
Toute la différence entre la perception des deux soeurs est ensuite résumé par ces deux lignes :

Ali : “God, why is he doing this now?”
Sarah : “Why? Why did he wait so long?”

Après un arrêt pour se soulager dans des toilettes de chantier, Maura rentre chez elle pour découvrir que ses voisins homo organisent une fête plus que bruyante. Sa nouvelle résidence n’est pas si idyllique ce cela.
Transparent se charge ainsi de nous rappeler sa double impuissance. Non seulement, elle n’est pas acceptée par une large partie de la population mais, de surcroit, elle a renoncé à son autorité masculine, laquelle l’aurait bien aidé pour calmer ses voisins turbulents.

“Don’t call me a stalker”
Sarah va confronter Tammy chez elle. Bouleversée, elle pressent (et nous aussi) que Tammy ne parviendra pas à se séparer de Barb. Sarah lui impose un ultimatum mais il semble évident que Tammy n’est pas à la hauteur de l’amour débordant de Sarah.

L’épisode se termine chez Ali. Un peu plus tôt, elle était passé chez le coiffeur, ce qui pourrait nous laisser penser qu’elle tente passer un à un autre stade sa vie.
Josh trouve qu’elle ressemble à un broccoli façon punk rock mais Ali n’est pas dupe. Elle mesure bien la mélancolie de son frère et lui conseille, au passage, d’appeler son père.
Pour tenter de le dérider un peu, Ali l’oblige à danser avec elle sur du Bettye Swann. Vivement la suite…


Visuels : Transparent / Amazon Studios
Musique :
Bill Callahan “night” (2007 Drag City Rec.)
Bettye Swann “Then you can tell me good bye” (2004 Astralwerks Rec.)

 

Observations diverses et variées

  • Après trois épisodes signés Jill Soloway, ce quatrième volet est crédité du nom de Nisha Ganatra pour la réalisation. Toutefois, il faut préciser que dans la keynote que j’évoque en introduction, Soloway précise que leur duo a fonctionné de manière plus fluide que ne le laisse penser le découpage par épisode.
  • Dans un texte très complet sur Slate, Stephen Vider, explique quelques détails importants du générique d’ouverture de la série qui se trouve ne pas être simplement un montage de vielles vidéos d’événements familiaux. On y voit notamment un rapide aperçu d’un documentaire important sur la cause transexuelle.
  • Syd emporte un 33 tours en quittant Josh après leur folle nuit. Il s’agit de “Dreamboat Annie” des Heart paru en 1975 chez Mushroom Rec.

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