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Gotham s01e10 “LoveCraft”

(Fox) 22 épisodes prévus pour cette saison
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Au fil d’une chronique consacrée aux nouveautés de rentrée, vous aurez sûrement remarqué que j’ai essentiellement fonctionné par cycles. Il y a eu la tendance romcom’ (RIP) puis une trilogie multicaméra – achevée la semaine dernière avec The McCarthys – et voici venir un autre trio ayant en commun des racines du côté du comics.
Gotham, qu’on ne présente plus, était sûrement la série la plus attendue de cet automne. Elle n’a sans doute pas atteint la popularité espérée par les responsable de la Fox mais ce serait plutôt de nature à être rassurant. En ce qui me concerne, j’ai longtemps repoussé l’écriture de ce billet. J’attendais sans doute un coup d’éclat qui n’est pas venu pour m’y mettre. Toutefois, Gotham me plaît et si elle n’est pas exempt de défauts, je vais tenter ici de la défendre avec autant de zèle que James Gordon !

Si je vous livre mes sentiments après dix épisodes, sachez néanmoins que ce qui suit ne comporte aucune révélations !

Gordon justement est un jeune inspecteur qu’on associe à un vieux briscard dénomé Harvey Bullock. Le duo se retrouve chargé d’une affaire très compliquée, l’assassinat des époux Waynes, couple très fortuné de Gotham. Déjà gangrenée par des cohortes de malfaiteurs à tous les échelons de sa population, la ville tombe ainsi encore un peu plus dans le chaos après le décès de ces deux bienfaiteurs…


Gotham – enfin la série dont il est question ici – est une création de l’anglais Bruno Heller. Elle se situe quelque part entre les deux précédents faits d’arme de l’anglais, Rome (HBO) et The Mentalist (CBS). Car Gotham n’est pas une série de super-héros ou de Vigilante, du moins pas encore, mais bien un récit située à une époque révolue sur une trame policière. Ce positionnement intermédiaire et assez nébuleux, il faut le reconnaître, fonctionne étrangement bien car il repose sur un univers – véritable héros de la série – qui distille son statut fantastique avec parcimonie.

Deux partis pris courageux et prépondérants
Ce n’était peut être pas de son ressort (pour cause d’ensemble cinématique à respecter…) mais le choix de s’intéresser à Gotham sans Batman est un drôle de pari de la part d’Heller ainsi que de ceux et celles qui ont bien voulu miser sur le projet.
Alors, bien sûr, tous les personnages sont là. Bruce wayne, Alfred et Gordon d’une part. Selina aka “Cat” et Oswald aka le pinguoin d’autre part. De nombreux autres personnages gravitent autour et notamment un fort contingent de mafieux qui dominent les débats pour l’essentiel jusqu’ici.
Pourtant Gotham n’est pas une série policière lambda. La mainmise de la pègre est telle que la représentation générale acquiert naturellement son caractère fantastique.

Et puis c’est sans doute un choix encore plus audacieux même s’il saute moins au yeux que l’absence de l’homme chauve-souris. Figurez vous que la mise en scène n’est pas sombre, lugubre et ténébreuse ! Il aurait pourtant été facile de se positionner dans la foulée des peintures glauques et interlopes d’une Gotham peu exposée à la lumière depuis Tim Burton (1989) jusqu’à Christopher Nolan (2012).
Sans doute immédiatement confronté au défi visuel qui sous-tendait son projet, Heller s’est très vite rapproché de son compatriote Danny Cannon. Ce dernier avait notamment fait de belles chose avec les pilotes de Dark Blue (TNT) ou Alcatraz (Fox) et son travail sur Gotham transforme New York en un décor urbain intemporel, souvent baignée par des éclairages de soleil rasants.
La série se distingue par l’absence d’effets spéciaux grossiers. Les voitures utilisés sont de vieux modèles chromés (type muscle car). Les échanges d’arme à feu sont modérés laissant le plus souvent la place à du combat physique (ce qui serait preque choquant s’agissant d’une série policière). On imagine même aisément que Gotham pourrait évoluer vers le steam punk avec succès !

Gotham surpeuplée ?
Malgré un environnement soigné, la série se perd déjà au milieu d’une foule de personnages plus ou moins récurrents et surtout, plus ou moins efficaces. Ben McKenzie (Gordon) s’en sort pas trop mal mais il rend beaucoup de trop de coups à l’expérimenté Donal Logue (Bullock). En face, John Doman (Falcone) – qui cumule avec The Affair en cette rentrée – est solide mais Jada Pinkett Smith (Mooney) est le plus souvent à la rue. Et si l’on va plus loin, Robin Lord Taylor (Cobblepot) est brillant mais Cory Michael Smith (Nygma) en fait des caisses…
Bref, tout cela est inégal et comme la palette est large, les authentiques talents s’en trouvent bien trop dilués ! D’autres enfin n’ont tout simplement pas beaucoup de biscuit pour l’exercer comme Richard Kind (le maire James) par exemple.

Alors pourquoi insister ?! Principalement car les scénaristes maîtrise un flux continu d’évolution dans une série où le cahier des charges impose souvent une enquête de la semaine à débuter et résoudre au sein de l’épisode.
Il faut ajouter aussi une unité de ton bienvenue. Gotham prend le temps d’installer des relations de couples mais n’entre volontairement pas dans le détail. On évite ainsi le grand écart observé dans Arrow entre un héros sombre et torturé qui bascule dans de la romance ridicule dès la scène suivante.

En définitive, le parcours de Gotham n’est pas un long fleuve tranquille mais les choix de fond sont les bons. Avec un peu d’épaisseur et quelques rebondissements bien sentis, ses protagonistes pourraient nous emmener loin !

Visuels & Vidéo : Gotham / Fox

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