Peter Verås prøver å finne sannheten bak brorens død. Foto:

[Rétro. 2014] Mammon

(NRK) saison 1 en 6 épisodes et saison 2 commandée
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Broadchurch était de retour la semaine dernière (et quel retour, j’y reviens prochainement) ! Vous êtes sûrement en train de vous demander pourquoi j’évoque la série anglaise diffusée sur ITV en préambule d’un texte sur une oeuvre norvégienne. Et bien car je vois dans Broadchurch, une transposition parfaite du « Nordic Noir », cette vague de titres scandinaves – essentiellement des thrillers – dont le succès ne se dément plus avec des fers de lance comme Forbrydelsen et Bron/Broen. Ce mouvement sériel venu du nord imprègne de plus en plus le reste de la production mondiale mais, si vous le permettez, c’est un sujet sur lequel je reviendrai plus tard.
Après la Suède et le Danemark, la Norvège a définitivement rejoint ce mouvement avec une année 2014 saillante puisqu’outre Mammon, on avait pu voir aussi la très solide Øyenvitne (autre thriller formellement splendide) à Séries Mania.
Si l’on met de côté LilyHammer (coproduite entre la NRK et Netflix) Mammon est la première série norvégienne a se voir achetée en vue d’un remake américain (20th Century Fox) et je me propose d’évoquer pourquoi elle mérite sûrement mieux qu’une diffusion confidentielle sur 13ème Rue au mois de novembre dernier.

Une fusée à deux étages. Peter Verås est un journaliste travaillant pour le quotidien le plus important du pays. Grâce à une source très discrète, il met au jour une magouille financière qui mène tout droit à son propre frère. Sans rien dévoiler, le dénouement qui se présente à la fin du premier épisode pourrait être définitif mais la suite reprend cinq ans plus tard avec un Peter cantonné à la rubrique sportive qui va s’apercevoir que rien n’est réglé…


Faux départ. Avec Mammon, on retrouve les codes de cette “vague nordique”. L’action se déroule dans un milieu contemporain moderne mais froid, accentué par une tonalité générale tirant fortement sur le bleu-gris.
Malgré cela, le récit offre un beau contre-pied en guise d’introduction. Le journaliste que nous découvrons met au jour un scandale qui éclate vite, trop vite, un peu à son corps défendant et le téléspectateur se trouve irrémédiablement plongé d’entrée de jeu dans une situation sans issue pour le moins déconcertante. Ce climax prématuré semble initialement n’être autre qu’un suicide scénaristique (ce fantastique tue-l’audience devra nécessairement être contourné pour la version américaine, tellement c’est contraire à leur religion).

Patience et efficacité. Le second volet relance très progressivement la série. Alors qu’on se disait que le duo principal n’était finalement qu’une version édulcorée de celui des Millenium de Stieg Larsson – le journaliste et la hackeuse –, Peter (Jon Øigarden) et Vibeke (Lena Kristin Ellingsen) trouvent leur voie en même temps qu’une intrigue à nouveau parsemée par les rebondissements du thriller.
Du reste, Mammon n’use d’aucun artifices formels. Pas de time-lapse nocturne comme dans Bron/Broen ni de forts contrastes à la manière d’Äkta människor. la sobriété de la mise en scène n’empêche pas quelques jolis plans (notamment lorsque Peter conduit) et quelques poursuites à pieds bien maîtrisées.

D’une manière générale, les aventures de Verås, même si l’on ignore tout du contexte norvégien, sont entachées d’incohérence. Il emploie des raccourcis journalistiques (notamment dans le pilote) qui semblent pour le moins capilotractés.
Néanmoins, Mammon excelle pour deux raisons. C’est un thriller haletant qui nous surprend de bout en bout et puis son acteur principal est fantastique dans tous les registres. Le casting est impeccable dans son ensemble mais Øigarden surnage indiscutablement.

Si je retiens aujourd’hui Mammon dans cette rétrospective, je tiens tout de même à soutenir ici Woman, la série japonaise récompensée par le jury des blogueurs du festival Séries Mania auquel j’ai eu la chance de faire partie. A ce jour et à ma connaissance, Woman n’a pas bénéficié d’une diffusion française et c’est bien dommage. Je vous recommande chaudement cette review signée Livia pour la découvrir.

Capture d’écran 2015-01-15 à 16.03.22Les crétateurs de la séries, les frères Vegard et Gjermund Stenberg Eriksen auront la chance de prolonger Mammon une saison de plus. Ils annoncent toutefois qu’il ne feront pas de saison 3 et c’est tout à leur honneur. Le récit devrait être cette fois politique, sujet vaste qui devrait définitivement propulser Peter Verås vers les sommets du Nordic Noir !

Pour avoir un autre avis sur la série, je vous recommande ce beau texte intitulé “Fratricide” et signé Ladyteruki.
Enfin, sachez que Mammon avait fait l’objet d’un court billet de ma chronique musicale.

Visuels : Mammon / NRK

Une réflexion sur “[Rétro. 2014] Mammon

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