Eyewitness-Still-17

Témoin sous silence, vacarme de couleurs

(NRK 2014) Øyevitne, une minisérie en 6 parties,
à voir sur ARTE à partir du 24 sept.
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Vous n’êtes pas convaincu par Les Mystères du Lac et vous pensez que Castle tourne en rond ? Pas d’inquiétude, ARTE est là pour continuer à vous proposer d’autres regards sériels, à commencer par cette escapade norvégienne en attendant le final très attendu d’Ainsi Soient-ils (8 Oct.).
La fiction scandinave n’a plus besoin de faire ses preuves, notamment sur le genre du polar qu’on rassemble rapidement sous l’étiquette fourre-tout de “Nordic Noir”. Témoin Sous Silence offre pourtant une palette de couleurs inattendue pour un thriller policier efficace.

Non loin de la très bucolique Mysen, Philip et Henning assistent malgré eux à une fusillade avant d’échapper tant bien que mal au tueur. Ébranlés, les deux adolescents décident de n’en parler à personne mais l’engrenage déclenché par la tuerie va vite les rattraper…

Témoin sous silence est d’abord un récit sur l’adolescence assez juste. La relation naissante et tumultueuse entre deux garçons qui se cherchent est montrée avec une sincérité touchante. Parallèlement, le parcours de Zana, délaissée par son père et éprise d’hommes plus âgés, offre un changement de perspective émotionnel bienvenu quoiqu’un peu trop bref.
D’autre part, les adultes sont ici loin d’être les remparts qu’ils prétendent représenter pour leurs enfants. En six épisodes, ils sont dépeints avec leurs frêles certitudes et ce au travers d’une ignorance désenchantée.

Ce caractère vif et conscient d’une jeunesse à fleur de peau contraste fortement avec une intrigue policière presque en retrait. Un peu à la manière de The Fall, le mystère du tueur n’est pas un enjeu. On suit progressivement son parcours sans vraiment expliquer ses motivations. Cette structure qui refuse le rebondissement n’en reste pas moins passionnante, principalement parce qu’elle dose adroitement l’enchaînement des événements sans submerger le téléspectateur sous la fatalité. Amoindri, le suspense reste prégnant et le récit trouve un rythme idéal sur une durée (6x60min) parfaitement adaptée.

Mais une fois de plus, s’agissant d’une production scandinave, on retient surtout une approche formelle brillante. Témoin sous Silence étonne en premier lieu par sa tonalité très dorée en couleurs. La photographie utilise prodigieusement le soleil rasant des latitudes nordiques et organise ainsi un contraste saisissant avec la grisaille d’Oslo. La capitale norvégienne retrouve alors les tons bleutés et froids qui accompagnent habituellement le Nordic Noir. Pourtant c’est bien le cadre ambré de l’arrière pays qui reste à l’esprit.
Enfin, la mise en scène est particulièrement dynamique avec un maximum de plans à l’épaule. Le rendu apporte juste ce qu’il faut d’instabilité pour distinguer une réalisation décidément remarquable.

Nous avions découvert Témoin sous Silence à l’édition 2014 de Séries Mania. Accompagnée de Mammon, elle annonçait de bien belles choses en provenance de Norvège. Il se pourrait justement qu’on reparle très vite du “chemin du nord” !

Visuels : Témoin sous Silence / ARTE / NRK / YLE / DR / SVT

Une réflexion sur “Témoin sous silence, vacarme de couleurs

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