Enquête autocentrée, Search Party

Saison 1 (10 ép.) rediffusée dès le 5 mars sur OCS
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Alors que Girls (HBO) touche à sa fin, la tentation sera grande de lui trouver des héritières. Peu importe qu’on lui reconnaisse effectivement l’évocation de « la voix d’une génération » ou bien que l’on ne puisse pas supporter les frasques de Lena Dunham (sa créatrice et interprète principale). Il faut reconnaitre à Girls d’avoir imposé un regard moderne et pertinent sur le parcours de jeunes femmes à la fois singulières et touchantes de vérité. J’aurais sûrement l’occasion de revenir sur ces six saisons hautes en couleurs (vous l’avez compris, je suis team Lena), mais en attendant, laissez moi revenir sur une potentielle cousine justement.

Search Party se plaît, elle aussi, à mettre en scène une brochette de jeunes gens très conscients de leur propre nombril. Tout comme Girls, son approche frontale désarçonne avant d’exercer une juste fascination. Hormis cela et le cadre newyorkais, les deux séries empruntent des chemins différents mais la filiation est là. Search Party est l’une des plus belles nouveautés de 2016.

Ecrin musical total
L’accompagnement original est signé Brian H. Kim. Faites plaisir à vos oreilles et mettez vous dans l’ambiance en cliquant ci-dessous :

Search Party bénéficie de l’une des bande son les plus cohérente qu’il m’ait été donné d’entendre. Il y a cet assemblage électronique de Kim tout d’abord qui fonctionnent en volutes mystérieuses et parfaitement adaptées au récit. Puis, dans un deuxième temps, Brienne Rose vient y glisser une ponctuation idéale en supervision musicale. Le choix du titre « générique » (« Purity Ring » par Odebear) avait été imposé par les créateurs mais, à partir de ce point de départ, Rose trouve un équilibre délicat entre cette un aréopage de pop expressive et une palette d’émotion très variée (Cuushe, Black Coast, Viigo…). La symbiose entre les apports de Rose et Kim est assez sidérant de continuité ; on enchaîne de l’un à l’autre avec une facilité rare.

Le mystère Chantal
Notre héroïne se nomme Dory ! Un jour elle découvre dans son quartier le portrait sur une affichette d’une de ses anciennes camarades de classe, nommée quant à elle Chantal Witherbottom (oui, les créateurs se sont amusé avec les noms de leurs personnages). L’affichette choque profondément Dory. Elle lui apprend que Chantal à Disparu.
Lorsque Dory évoque cette tragédie à ses amis, ces derniers font mine de s’en émouvoir avant d’oublier la nouvelle prestement. Contre toute attente, l’intérêt de Dory pour le mystère Chantal ne va pas s’estomper, bien au contraire…

Une création indie
Search Party est une création d’un duo relativement novice. Sarah-Violet Bliss et Charles Rogers s’étaient surtout fait connaître en 2014 avec un long métrage indépendant (Fort Tilden). Mais avant de développer Search Party, ils ont eu une première expérience sérielle en participant au reboot de Wet Hot American Summer (Netflix) sous la houlette de Michael Showalter. Ce dernier avait été leur professeur à NYU quelques années plus tôt et avait été marqué par ces deux anciens étudiants. Et lorsque Bliss & Rogers commencèrent à écrire Search Party, leur parrain se mua naturellement en producteur.
Mais le parcours de leur série se signale aussi dans sa genèse. Avant de trouver un diffuseur prêt à commander la série (TBS), le projet a été développé de manière foncièrement indépendante par lilly Burns pour le compte de Jax Media. La structure, déjà responsable de quelques pépites (Inside Amy Schumer, Difficult People, Broad City) a financé indépendammant le pilote qui allait convaincre TBS.

À la croisée des genres
Il ne vous faudra que très peu d’épisode pour mesurer à nouveau combien le format court fait montre d’une vitalité extraordinaire. Le récit fonctionne comme une enquête tragi-comique qui, a elle-seule, vaut déjà largement le détour. Mais elle est doublée d’une satire douce amère malmenant ces générations « hipster » et/ou « millenial » – je vous laisse choisir l’adjectif –. L’interprétation est tout simplement brillante avec un duo Alia Shawkat (Dory) / John Reynolds (Drew) très impressionnant, quelque soit le registre. Enfin la mise en scène est précise est inspirée, sans fioritures, et rappelle distinctement High Maintenance.

Bref, vous ne pouvez passer à côté de Search Party. Je ne vous cache pas que la perspective d’une saison 2 (déjà prévue) me remplit d’allégresse !

Visuels : Macall Polay (Photos) TM and © Turner Entertainment Networks. A Time Warner Company. All rights reserved.

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